Promenade autour de la Tokyo Skytree

Rues commerçantes du « shitamachi »

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L’achèvement de la tour Tokyo Skytree attire une foule de badauds dans les quartiers anciens des environs, les faubourgs « shitamachi » (littéralement "ville basse") encore intacts. Pour ces ruelles, dont le principal attrait tient à l’atmosphère traditionnelle et à une forte couleur locale, cet afflux de visiteurs constitue à la fois une opportunité et un défi.

Au service de la communauté locale

« Nous sommes un exemple classique de rue commerçante de quartier », explique M. Ôwa. « La plupart de nos clients vivent dans un rayon de 500 à 700 mètres. L’ouverture de la tour Skytree est peut-être l’occasion d’attirer une nouvelle clientèle. Mais, sans le soutien local, nous n’avons pas grand-chose à offrir aux gens venus d’ailleurs. Pour nous, il est vital de continuer à soigner nos liens avec la communauté locale. C’est le seul moyen de faire de Kira-Kira Tachibana un lieu qui attirera tant les habitants du quartier que les visiteurs. »

Plus loin dans la rue, des paquets de sushis sont disposés sur une table devant le restaurant de sushi Tanuki Zushi. A l’intérieur, un couple âgé est installé au comptoir, en train de préparer les barquettes. « C’est un service que nous offrons », explique la femme. « Les gens aiment bien acheter deux ou trois sushis sur le chemin du retour. Cela fait plus de dix ans que nous faisons cela. Le kohada est l’un de ceux qui se vendent le mieux », ajoute-t-elle en montrant du doigt une sorte d’alose brillante. « C’est un des sushis préférés des faubourgs. Seulement 400 yens la barquette de six ! Rapportez-en un paquet à votre femme ! »

Une cliente achète des sushis à emporter chez Tanuki Zushi. Le kohada, une sorte d’alose, et le geso (bras du calmar) sont seulement deux aperçus d’une large gamme.

M. Ôwa reconnaît que la rue commerçante comme sa clientèle commencent à vieillir, et qu’un changement de génération sera nécessaire pour maintenir le même dynamisme à l’avenir. « Nous devons tous nous adapter aux évolutions », dit-il. « C’est vrai pour une rue commerçante aussi. » La multiplication des supermarchés modernes et des centres commerciaux a transformé nombre de rues commerçantes anciennes en véritables villes fantômes. Comment Kira-Kira Tachibana va-t-elle résister aux chaînes de supermarchés et à l’arrivée de la dernière attraction nationale en date sur le pas de sa porte ?

Kira-Kira est une onomatopée qui désigne le scintillement des étoiles. Ces autocollants figurent sur les produits de la marque « Kira-Kira » dans les commerces du quartier.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers. Nous devons nous efforcer de continuer à répondre aux besoins de la communauté. Depuis trente ans, nous organisons un marché matinal une fois par mois, et des soldes cinq fois par an. Nous faisons tout notre possible pour créer une atmosphère familiale : la fête de Tanabata en juillet et les marchés du soir en septembre sont pour les enfants des occasions de bien s’amuser. Nous travaillons aussi d’arrache-pied au développement de notre marque "Kira-Kira". Nous avons aménagé un endroit où les clients les plus âgés peuvent se reposer en discutant avec leurs amis. Le service de "courses ambulantes" est un autre moyen pour les boutiques de répondre aux besoins des habitants âgés. Plusieurs commerçants se rendent ensemble dans les immeubles du quartier où vivent de nombreuses personnes âgées. C’est une façon de s’assurer que les anciens restent en relation avec la communauté, même s’ils ne sortent plus autant qu’avant. »

L’idée est d’offrir à la clientèle des services qu’elle ne trouvera pas ailleurs — et peut-être aussi d’encourager les jeunes à entretenir les traditions et l’esprit du quartier, afin de les perpétuer. Certains commerces familiaux ont dû fermer faute de repreneur, mais, dans de nombreux cas, la jeune génération joue un rôle crucial dans le maintien des traditions locales.

Suite > Hato-no-Machi : garder le passé vivant

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