
Égalité, diversité, santé mentale... Les JO de Tokyo ont marqué un pas en avant vers l’harmonie
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Les protestations des athlètes sont approuvées pour la première fois
Ces dernières années, les protestations qui prennent la forme d’un genou mis en terre pendant un match ou une épreuve sportive se sont multipliées dans de nombreux pays, comme ce fut le cas pour l’équipe britannique féminine de football. Au printemps, le CIO avait déclaré qu’il n’admettrait pas ce type de protestation, confirmant ainsi sa position antérieure. Or, début juillet, le CIO, dans un revirement complet de sa jurisprudence, a déclaré qu’il autoriserait les protestations pacifiques pendant les Jeux, sauf lors des remises de médailles, des cérémonies d’ouverture et de clôture, et à l’extérieur du village olympique.
Tanaka Minami (à gauche), membre de l’équipe nationale féminine de football du Japon, et une joueuse britannique mettent un genou en terre pour protester contre le racisme avant un match au Sapporo Dome, préfecture de Hokkaidô, le 24 juillet 2021. (AFP/Jiji)
Le CIO n’est pas le seul en cause dans l’interdit qui a longtemps prévalu de toute expression ouverte. Bien que les Jeux olympiques soient pour tous une fête du sport, ils ont souvent tendance à se transformer en compétition entre États, les anciens pays socialistes en particulier les ont souvent utilisés pour renforcer leur prestige national. Les athlètes étaient ainsi souvent privés de toute occasion d’expression individuelle.
Le Japon ne fait d’ailleurs pas exception, et les athlètes ont indéniablement été, directement ou indirectement, été contraints de donner l’image qu’ils se battaient avant tout pour leur pays.
Par exemple, dans les années 1990, un athlète japonais qui avait déclaré qu’il s’était bien amusé aux JO, avait été vertement critiqué, également dans les médias : « Comment pouvez-vous dire que vous vous amusez, alors que vous représentez votre pays ? Commencez donc par vous excuser de ne pas avoir ramener de médaille » C’est ainsi que les sportifs étaient pris à parti à l’époque. Dans une ambiance où les sportifs n’étaient pas censés se battre pour eux-mêmes, on comprend qu’ils hésitaient à exprimer sincèrement leurs pensées et leurs sentiments.
Mais cette ambiance est du passé. S’il est maintenant habituel de protester contre le racisme, il est tout autant acceptable pour les athlètes de s’exprimer sur l’égalité des sexes et d’autres questions sociales pertinentes dans le monde du sport. Les Jeux olympiques ne peuvent rester à l’écart de ce phénomène.
Un changement attendu dans la société japonaise
Simone Biles, radieuse, à la poutre, a remporté la médaille de bronze. (Gymnase Ariake, Tokyo, 3 août 2021) (AFP/Jiji)
Le cas de Simone Biles (USA) en gymnastique féminine est également emblématique des Jeux de Tokyo. Biles, qui, de l’avis général, devait remporter l’or dans toutes les épreuves auxquelles elle était inscrite, s’est retirée de la finale par équipes en raison de problèmes de santé mentale au milieu du concours et n’a participé à aucune épreuve jusqu’à son retour pour la dernière épreuve, la poutre. Cela lui aurait certainement valu des critiques dans le passé, lorsque les athlètes étaient par défaut considérés comme représentant leur pays. Mais Biles, qui a agi en son nom propre, a été chaleureusement accueillie. C’est un autre exemple de changement, tant pour le joueur que pour le monde.
Il était très inspirant pour les athlètes de voir d’autres sportifs déterminés à défendre ce qu’ils sont et de montrer de quoi ils sont capables. Cela aura certainement aussi un impact sur le public, et si les Jeux olympiques de Tokyo ont été le déclencheur d’un changement dans la société japonaise, où les individus ont souvent tendance à hésiter à s’exprimer en leur nom propre, ce sera certainement l’un des résultats les plus formidables que les JO auront laissé derrière eux.
(Photo de titre : Thomas Daly [à gauche] et Matty Lee ont remporté la médaille d’or au saut en hauteur synchronisé de 10 m chez les hommes. Daly est une idole dans sa Grande-Bretagne natale. Photo prise à la Piscine olympique de Tokyo, le 26 juillet 2021. AFP/Jiji)
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