Pourquoi tant de nationalités différentes dans l’équipe nationale japonaise de rugby ?

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Ôtomo Nobuhiko [Profil]

L’équipe du Japon de rugby se compose de joueurs venus des quatre coins du monde. Chacun d’eux défend le drapeau du pays du Soleil Levant pour des raisons qui lui sont propres, mais tous ont en commun la capacité de jouer au rugby à la japonaise. La proportion importante de ceux qui sont nés à l’étranger est le reflet de la diversité croissante de l’Archipel. Le 20 septembre dernier, les « Brave Blossoms » (« Les fleurs courageuses ») ont signé un bon début en Coupe du monde de rugby 2019, en battant la Russie 30 à 10.

Lors du premier tour de la Coupe du monde de rugby 2015, le Japon avait stupéfait les adeptes et les spécialistes du ballon ovale en réussissant l’exploit de battre les Springboks d’Afrique du Sud, pourtant favoris de l’épreuve. Le lendemain, l’arrière japonais Gorômaru Ayumu, auteur à lui seul de 24 points, avait écrit un message sur Twitter qui n’était pas passé inaperçu.

« Maintenant que le rugby est au cœur de l’actualité, le moment est venu d’attirer l’attention sur les joueurs étrangers de la sélection nippone. Ce sont des super partenaires qui ont choisi de jouer pour le Japon plutôt que pour leur pays natal. Et bien que de nationalités différentes, ils défendent ardemment les couleurs de l’Archipel. Ça, c’est le rugby ! »

Michael Leitch, le capitaine de l’équipe japonaise, est né en 1988 en Nouvelle-Zélande. A l’âge de 15 ans, il est parti pour le Japon où il a poursuivi ses études au lycée Yamanote de Sapporo puis à l’Université Tôkai de Tokyo. Après quoi il a commencé à travailler pour la firme Toshiba et acquis la nationalité japonaise. Karne Hesketh, un autre membre des Brave Blossoms d’origine néo-zélandaise, a quitté son pays natal pour l’Archipel parce qu’il n’avait pas été sélectionné par les All Blacks. Après avoir joué pendant cinq ans pour les Sanix Blues de Fukuoka dans le cadre du championnat de rugby du Japon, il a été intégré dans l’équipe nationale nippone en 2014. Un an plus tard, il a participé à la Coupe du monde de rugby 2015 où il a notamment marqué le fameux essai de la victoire face aux Springboks sur le score de 34 à 32.

Karne Hesketh (à droite) au moment où il a marqué - au cours des prolongations ! - l’essai historique qui a permis au Japon de l’emporter (34 à 32) face aux Springboks, dans le cadre de la Coupe du monde de rugby 2015. (Photo avec l'aimable autorisation du Comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby 2019)
Karne Hesketh (à droite) au moment où il a marqué - au cours des prolongations ! - l’essai historique qui a permis au Japon de l’emporter (34 à 32) face aux Springboks, dans le cadre de la Coupe du monde de rugby 2015. (Photo avec l'aimable autorisation du Comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby 2019)

Mais les rugbymen d’origine étrangère n’ont pas pour autant droit à un traitement de faveur dans l’équipe nippone. Eddie Jones, entraineur des Brave Blossoms de 2012 à 2015, les a soumis au même régime drastique que leurs camarades japonais de souche, avec quatre périodes d’entrainement quotidiennes dont la première commençait à 5 heures du matin.

Voici ce que dit à son propos Ono Kôsei, un membre de l’équipe nippone né dans l’Archipel, mais de langue maternelle anglaise du fait qu’il a été élevé en Nouvelle-Zélande : « Eddie avait aussi recours à la parole pour mettre la pression sur les joueurs. Mais ses remarques touchaient beaucoup plus au vif les anglophones que ceux qui avaient besoin d’un interprète pour les comprendre».

Suite > Pourquoi y a-t-il autant de joueurs d’origine étrangère dans l’équipe du Japon de rugby ?

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Ôtomo NobuhikoArticles de l'auteur

Journaliste sportif. Né en 1962 à Kesennuma, dans la préfecture de Miyagi. Diplômé de l’Université Waseda. Travaille en tant que reporter spécialiste du rugby pour le journal Chûnichi Sports de Tokyo tout en écrivant des articles pour d’autres périodiques, notamment Sports Graphic Number et Rugby Magazine. Auteur de nombreux ouvrages sur le rugby dont « Le Rêve de Kamaishi » (Kamaishi no yume) et « Un Esprit immuable » (Fudô no tamashii).

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