Le b.a.-ba du Japon

« Ikebana », l’art floral japonais

Culture Tradition

L’art séculaire de l’ikebana associe les fleurs et d’autres éléments pour créer des arrangements qui expriment une relation à l’environnement immédiat et à diverses composantes esthétiques, telles que les saisons. L’ikebana, qui se décline dans un éventail de styles allant du moderne au traditionnel, a acquis une indéniable popularité au Japon comme à l’étranger.

Atteindre l’équilibre parfait

L’arrangement floral japonais, appelé ikebana ou kadô (la voie des fleurs), est devenu une forme d’expression artistique à part entière à la fin du XVe siècle. On recense aujourd’hui toute une gamme de styles et de genres, tant modernes que traditionnels. L’ikebana se distingue d’autres formes d’arrangement floral par le positionnement des fleurs, tiges et autres éléments végétaux dans le récipient qui les contient et en relation avec l’espace environnant. La composition d’un ikebana peut s’apparenter à un déploiement vaste et complexe associant une multitude d’éléments, ou se limiter à quelque chose de simple et de taille réduite, selon le style de l'œuvre concernée.

L’ikebana est un passe-temps populaire, dont les créations peuvent servir à la décoration de sites formels tels que salles de banquet, auberges traditionnelles (ryokan) et salles de conseils d’entreprises, mais aussi à celle de locaux ouverts au grand public tels que grands magasins et services administratifs.

L’ikebana cultive l’harmonie entre les divers éléments qui entrent dans sa composition, plantes et fleurs de saison mais aussi branches sèches, pierres et mêmes mousses, soigneusement disposés dans un récipient en céramique, en verre, en bois, en bambou ou en métal. Cet art traditionnel exprime la beauté à travers de subtils détails, et les éléments qui le composent sont réduits à leurs formes les plus sobres.

Dans d'autres formes d'arrangement floral, on se sert d'une mousse florale pour maintenir les fleurs en place. (© Pixta)
Dans d’autres formes d’arrangement floral, on se sert d’une mousse florale pour maintenir les fleurs en place. (© Pixta)

L'ikebana se sert du kenzan, de lourdes plaques métalliques pourvues d'aiguilles, pour disposer les fleurs. (© Pixta)
L’ikebana se sert du kenzan, de lourdes plaques métalliques pourvues d’aiguilles, pour disposer les fleurs. (© Pixta)

Les ciseaux spéciaux pour couper les fleurs (hana-basami) et les kenzan sont des outils essentiels pour l'ikebana. (© Pixta)
Les ciseaux spéciaux pour couper les fleurs (hana-basami) et les kenzan sont des outils essentiels pour l’ikebana. (© Pixta)

Arrangement floral japonais dans un large récipient (© Pixta)
Arrangement floral japonais dans un large récipient (© Pixta)

Une origine très ancienne

On pense que l’ikebana, dont le plein essor remonte à l’époque Muromachi (1333-1568), prend ses racines dans les offrandes florales bouddhistes, une coutume qui, au Japon, remonte au VIe siècle. Les premiers arrangements ont été conçus pour la décoration des tokonoma, mot qui désigne une alcôve dédiée à l’exposition d’objets ornementaux et caractéristique des résidences aristocratiques construites dans le style architectural shoin-zukuri.

C’est à la fin du XVIe siècle que le maître du thé Sen no Rikyû (1522-1591) a élevé le sadô, la cérémonie du thé japonaise, au rang de forme artistique raffinée, et que l’art du chabana (fleurs de thé), qui lui est associé, a pris son essor. Il estimait que l’expression de la nature occupait une place centrale dans le sadô, et insistait sur le fait que l’arrangement floral devait viser à ce que les fleurs apparaissent « comme elles le font dans un champ ». En règle générale, les chabana qui décorent l’alcôve d’un salon de thé sont des œuvres austères conçues pour refléter la saison ou le goût des hôtes, et leur évolution a exercé une grande influence sur l’ikebana.

Tokonoma orné de chabana (fleurs de thé) et d'un rouleau suspendu
Tokonoma orné de chabana (fleurs de thé) et d’un rouleau suspendu

Suite > L’épanouissement de l’ikebana

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