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Les Japonais adorent les œufs : une consommation toujours forte grâce à des prix stables pendant 50 ans

Vie quotidienne Gastronomie

Durs, au plat ou crus, les œufs sont entrés dans la nourriture quotidienne parmi les aliments de base du Japon durant ces dernières cinquante années. Ce goût pour les œufs est en partie attribuable à la stabilité de leurs prix tout au long de l’année. Et si le nombre de fermes d’élevage a drastiquement baissé, en parallèle, le nombre de poules a grandement augmenté.

Des fermes moins nombreuses mais remplies de poules

Pour parer aux variations des prix, les éleveurs de volailles réduisent le nombre de poules pondeuses lorsque les prix sont bas et augmentent la production lorsqu’ils remontent, en ajustant les volumes des expéditions en fonction des changements de prix. Le nombre de poules dans les élevages est resté relativement stable au cours du temps avec 124 millions de poules pondeuses en 1979 par rapport à 142 millions en 2019.

Toutefois, certains facteurs, comme le manque de successeurs et la forte hausse des prix des aliments pour animaux, ont obligé les éleveurs de volaille à stopper leurs exploitations. Alors que l’on comptait 247 100 fermes d’élevages en 1973, leur nombre a dramatiquement diminué jusqu’à 2 120 fermes en 2019. En 1979, chaque ferme élevait en moyenne 501 poules pondeuses, alors que vingt ans plus tard, en 1999, il y avait 28 200 poules par ferme. En 2019, encore vingt années plus tard, ce chiffre a connu une forte augmentation avec en moyenne 66 900 poules. Seuls les élevages pouvant mener une gestion commerciale à grande échelle, en passant à des poules pondant un grand nombre d’œufs tout en réduisant les coûts de production et de distribution et en construisant des poulaillers demandant moins de travail, peuvent survivre.

Ceci a rendu difficile pour les producteurs de rester profitables. D’après le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, seul l’élevage de volailles, parmi les 13 activités agricoles dont la riziculture, les cultures sèches et la culture fruitière, est tombé dans le rouge en 2019, mettant en lumière le contexte commercial difficile auquel ces exploitations doivent faire face.

Les problèmes liés au Covid-19 font monter les prix

En 2020 et avec la pandémie de Covid-19, les gens sont restés bien plus longtemps chez eux qu’à l’accoutumée, augmentant considérablement la consommation en œufs des foyers. Par conséquent, le prix des œufs en avril était nettement plus élevé que pendant le même mois de l’année précédente. Toutefois, la déclaration de l’état d’urgence a entraîné une baisse spectaculaire de la demande pour les œufs destinés au commerce et à la fabrication de plats, provoquant une chute des prix en mai. Lorsque le prix du commerce est tombé en dessous de la norme de 161 yens le kilo, l’Association des éleveurs de volaille du Japon a commencé à ajuster la production pour stabiliser les prix.

Par ailleurs, une épidémie continue de grippe aviaire dans les élevages en 2020 a restreint les approvisionnements, provoquant une montée du prix des œufs en avril 2021 jusqu’à son plus haut niveau en cinq ans.

Si le Japon a un taux d’autosuffisance alimentaire totale de 38 % seulement, concernant les œufs produits à l’échelle nationale toutefois, ce chiffre se monte à 96 %. La gestion rigoureuse de la production et de l’hygiène permettra probablement aux consommateurs de continuer à apprécier les œufs sous toutes leurs formes pendant encore de nombreuses années à venir.

(Photo de titre : Pixta)

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