
Vers une nouvelle ère impériale, vers un nouveau Japon
Les noces de Mako : ce que révèle ce mariage « sans précédent » pour une princesse impériale
Société- English
- 日本語
- 简体字
- 繁體字
- Français
- Español
- العربية
- Русский
Des faits dévoilés lors de la conférence de presse des nouveaux époux
Le 26 octobre, la princesse Mako et Komuro Kei ont rempli leurs formulaires de mariage, et les liens qu’ils nouaient ainsi excluaient Mako de la famille impériale. Devenue roturière, Komuro Mako — chez qui on avait diagnostiqué un syndrome de stress qu’elle attribuait aux « informations erronées » colportées par les médias — a donné l’après-midi du même jour une conférence de presse en compagnie de son nouvel époux. Les déclarations des deux conjoints, préparées à l’avance, n’ont duré qu’onze minutes, et, plutôt que de répondre aux questions des journalistes réunis à cette occasion, ils ont préféré distribuer des réponses écrites à des questions soumises à l’avance.
L’ex-princesse, qui a parlé en premier, a déclaré : « Je comprends qu’il existe divers points de vue sur mon mariage avec Kei. Je tiens à exprimer mon profond regret à ceux que cette situation a dérangés. » Après quoi elle a tout de même ajouté : « Kei est une présence irremplaçable dans ma vie. L’épouser constitue une décision que je devais prendre pour que nous puissions vivre nos vies en nous souciant avant tout de notre santé mentale. »
Son tour venu de prendre la parole, Komuro Kei a commencé son intervention très simplement : « J’aime Mako. Je veux passer la seule et unique vie que j’ai à vivre ensemble avec la personne que j’aime. »
Mako a ensuite divulgué plusieurs faits qui étaient jusque-là ignorés du grand public. En ce qui concerne les problèmes financiers que la rumeur attribuait à la famille Komuro, à savoir l’argent que la mère de Kei était censée devoir à son ancien fiancé (environ 30 000 euros), Mako dit qu’elle était intervenue en exhortant les parties impliquées dans cette affaire à trouver une issue. (À cet égard, son époux a déclaré que les pourparlers se déroulaient sans heurt et qu’on avançait vers une solution passant par un accord financier, même si sa mère avait souffert tant physiquement que moralement de cette agitation, et qu’il lui arrive même de craindre pour sa propre sécurité.)
Dans le même temps, c’est aussi sur la demande de Mako que Kei était parti à New York pour y faire des études de droit, ce que certains médias ont qualifié de « fuite à l’étranger » pour échapper aux ennuis qui l’attendaient au Japon — elle l’avait en effet pressé bien avant leur mariage de « préparer un endroit à l’étranger où nous puissions vivre ». D’après sa déclaration, tous les faits et gestes de son mari depuis leurs fiançailles étaient conformes à un plan qu’elle avait elle-même élaboré.
Continuant sur le même registre, Mako a ajouté : « À chaque fois que les comportements de Kei ont été catalogués comme des décisions égoïstes prises sans aucune considération pour mes propres sentiments, cette spéculation sans fondement a été présentée dans les médias comme un fait avéré, et des histoires farfelues se sont mises à circuler. Cela m’a fait peur ; ce traitement m’a peinée et attristée. » Elle orchestra une contre-attaque sans merci en direction des organes des médias qu’elle accusait d’utiliser de fausses informations pour tromper le public. « Du fond de nos cœurs, » a dit Mako, « nous espérons constater que la société est un endroit où le plus grand nombre possible de gens peuvent vivre en se souciant du bien-être d’autrui. »
Un message arrivé trop tard
Cet événement, qui n’a pas duré plus de dix minutes et s’est cantonné aux déclarations prononcées par les époux, ne mérite guère l’appellation de « conférence de presse ». Pourtant, en le regardant, j’ai tout de suite senti se dissiper mes doutes sur le déroulement des faits jusqu’à maintenant, et ce dès que Mako a déclaré avec assurance : « Nous avons des choses à dire à vous tous aujourd’hui, et c’et pourquoi nous avons organisé cet événement. » Ils étaient en train de gagner mon adhésion.
Dans le même temps, j’avais le sentiment que tout le spectacle déployé autour de leur relation aurait pu nous être épargné pour peu qu’ils aient pris plus tôt l’initiative de s’exprimer conjointement devant le public via une conférence de presse comme celle-ci ou toute autre formule. Mais peut-être ce retard était-il inévitable, sachant que, jusqu’au jour de leur mariage formel, Mako restait membre de la famille impériale, et soumise à toutes les restrictions qui en découlent en ce qui concerne sa liberté de parler ouvertement au peuple japonais.
Normalement, le mariage d’une princesse de la famille impériale devrait s’accompagner de diverses cérémonies officielles. Si elles n’ont pas eu lieu, il semble que ce soit parce que l’empereur Naruhito et le prince héritier Fumihito (respectivement l’oncle et le père de Mako), ont estimé que les gens n’aurait pas compris ce genre d’initiatives. Cette décision a donc été prise en prenant en considération les sentiments de la population.
Il ne faudrait toutefois pas en déduire que la majorité du peuple japonais était hostile à l’idée de la tenue de cérémonies de mariage, mais plutôt que le sentiment qui prévalait à l’échelle de la nation était le désir de connaître la vérité sur ce qui s’était passé jusque-là — de dissiper les malentendus qui pouvaient exister et de comprendre les fondements de l’union matrimoniale de Mako avec Kei. Il est extrêmement regrettable que le public ait dû attendre si longtemps pour obtenir, de la bouche de Mako et après la conclusion du mariage, les informations dont il avait besoin.
Le matin du 26 octobre, la princesse Mako (à droite) prend dans ses bras sa sœur cadette, la princesse Kako, en présence de ses parents, le prince Fumihito et la princesse Kiko (Jiji ; pool photo)