Réfléchir à la guerre

Les grues en papier : un message de paix et d’espoir pour le monde entier

Société

Depuis quelque temps, les grues en papier japonaises volent bien au-delà des frontières de l’Archipel, et elles se répandent dans le monde entier. Comment ces pliages réalisés en suivant les techniques traditionnelles de l’origami ont-ils réussi à faire leur chemin un peu partout sur notre planète en tant que symbole de paix ? C’est ce que nous avons demandé à Sasaki Masahiro, le frère ainé d’une petite fille de Hiroshima appelée Sadako qui s’est mise à faire des grues dans l’espoir de guérir quand elle est tombée malade, dix ans après la destruction de sa ville natale par la bombe atomique.

Un message d’espoir plus que jamais d’actualité

Clifton Truman Daniel et Sasaki Masahiro sont en train d’effectuer des démarches pour créer une ONG – The Paper Cranes Foundation (Fondation des grues en papier) – destinée à promouvoir la paix.

« La haine ne fait qu’engendrer la haine. Et elle n’a jamais engendré l’amour. Si nous voulons éviter de répéter les horreurs de la guerre, nous devons d’abord nous rencontrer face à face avec humilité, et comprendre ce que chacun ressent. Et pour ce faire, il nous faut commencer par ouvrir notre cœur aux autres », affirme Sasaki Masahiro.

Et voici ce qu’il ajoute à propos de sa petite sœur : « Sadako était une enfant spéciale. Elle a fait semblant de ne pas savoir qu’elle était atteinte d’une leucémie, alors qu’elle savait parfaitement de quoi il retournait, pour éviter de faire souffrir sa famille. Elle s’est battue toute seule contre la peur et la douleur, et elle a essayé de vaincre la maladie en faisant des grues en papier. Je crois qu’elle était née avec une mission à accomplir. »

Sasaki Sadako assise (au milieu du premier rang) avec des camarades de son école (photo avec l’aimable autorisation de Sasaki Masahiro et du Musée du mémorial de la paix de Hiroshima). À droite : l’ouvrage de Sasaki Masahiro, Sadako no senbazuru (Les mille grues de Sasako, 2013) © Gakken

Plus de soixante ans après la mort de Sasaki Sadako, les habitants de l’Archipel et des gens du monde entier expriment leurs sentiments envers la paix en faisant des pliages en forme de grues. Ces oiseaux de papier accompagnent aussi les fonds internationaux que le Japon reçoit au titre de l’aide aux victimes des catastrophes. Et ailleurs dans le monde, des écoliers rescapés de conflits ethniques ou raciaux font eux aussi des grues en papier dans leur salle de classe.

La farouche volonté de vivre de Sadako, sans jamais perdre espoir et en continuant inlassablement à faire des grues en papier sur son lit d’hôpital a ému aux quatre coins de la planète. Et cette petite fille continue d’exister à travers les mains des personnes qui, quelque part dans le monde, sont en train de plier du papier pour en faire des petites grues.

(D’après un texte en japonais du 6 août 2018. Reportage et texte de Nippon.com. Photographie du titre : deux des quatre grues en papier offertes par le président Obama lors de sa visite à Hiroshima, le 27 mai 2016. Jiji Press)

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