Réfléchir à la guerre

Les grues en papier : un message de paix et d’espoir pour le monde entier

Société

Depuis quelque temps, les grues en papier japonaises volent bien au-delà des frontières de l’Archipel, et elles se répandent dans le monde entier. Comment ces pliages réalisés en suivant les techniques traditionnelles de l’origami ont-ils réussi à faire leur chemin un peu partout sur notre planète en tant que symbole de paix ? C’est ce que nous avons demandé à Sasaki Masahiro, le frère ainé d’une petite fille de Hiroshima appelée Sadako qui s’est mise à faire des grues dans l’espoir de guérir quand elle est tombée malade, dix ans après la destruction de sa ville natale par la bombe atomique.

Comment les grues en papier ont conquis le monde

Sasaki Sadako à l’âge de douze ans, la première fois qu’elle portait un kimono. (Photo avec l’aimable autorisaton de Sasaki Masahiro et du Musée du mémorial de la paix de Hiroshima)

Derrière le succès des grues de papier à l’échelle de la planète, il y a l’histoire de Sadako, la petite sœur de Sasaki Masahiro. La fillette avait à peine deux ans quand la bombe atomique a ravagé Hiroshima, sa ville natale. Dix ans plus tard, elle a été emportée par une leucémie, après huit mois de lutte acharnée contre la maladie. Elle était alors âgée de douze ans. Sasaki Sadako était pleine de vitalité et très douée pour la course à pied. Elle voulait à tout prix guérir et rentrer chez elle, et c’est dans cet espoir, qu’elle a façonné entre 1 300 et 1 500 grues pendant son séjour à l’hôpital. Elle a inspiré la sculpture représentant une petite fille tenant une grue de métal au-dessus de sa tête qui se trouve au sommet du monument de la paix dédié aux enfants – littéralement « statue des enfants de la bombe atomique » (genbaku no ko zô) – du Parc de la paix de Hiroshima. Chaque année la ville reçoit quelque dix millions de tsuru en papier en provenance du monde entier. En fait, l’histoire de Sadako et de ses grues est encore plus connue en dehors du Japon que sur place.

En 1956, le journaliste australien Robert Junk s’est rendu à Hiroshima, et il a publié un livre intitulé Light in the Ruins (De la lumière dans les ruines) où il a raconté la vie de la petite Sadako. En tant que rescapé des camps de la mort nazis, Robert Junk a été profondément ému par l’attitude de la fillette face à l’existence, par sa sagesse et par sa considération pour ses parents. L’histoire de Sadako a ensuite été reprise dans un très grand nombre de livres pour enfants et de manuels scolaires du monde entier.

Le monument de la paix dédié aux enfants victimes de la bombe de Hiroshima avec, tout en haut, une sculpture représentant Sasaki Sadako tenant une grue au-dessus de sa tête. Il est entouré par des stands où sont exposés les guirlandes de mille grues (senbazuru) apportées en guise d’offrande. (Photo par Nippon.com)

Nous avons demandé à Sasaki Masahiro ce qu’il pensait de l’engouement mondial pour les grues suscité par sa petite sœur. Bien que réticent au départ, il a fini par comprendre qu’il avait un rôle important à jouer à cet égard. En 2009, il a fondé une organisation non gouvernementale (ONG) – The Sadako Legacy – qui œuvre en faveur de la paix dans le monde par le biais de conférences et des grues de papier laissées par Sadako.

Le salon de coiffure pour hommes de Sasaki Masahiro est décoré avec des guirlandes de « mille grues » (senbazuru) en provenance du monde entier. Le frère de Sadako porte une cravate ornée d’un motif de grues en papier. (Photo : Doi Emiko)

Suite > Une grue en papier exposée à Pearl Harbor

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